C'est un roman d'amour... je crois. En tout cas, il y a l'amour dedans. Il y a la mort. La mort vivante, qui voyage, qui avance. Il y a l'enfance, celle des vieux béciks, des accidents ordinaires, de la misère, des dépotoirs à ciel ouvert, de Duplessis. Il y a la vraie vie, celle qui renverse tout sur son passage, comme une invasion de domicile. Il y a le cinéma, celui de tous les dangers. La narratrice parle au je. Elle cherche le bon poème pour le peuple. Un vieux poème peut-il encore être un bon poème? Que veut le peuple? Quel poème ferait son affaire?
Quatorze fois Huguette a été harcelée, touchée, embrassée contre son gré, violée. Quatorze fois elle s’est relevée, grelottante de honte ou couverte de sang. Et, comme toutes les Huguette, elle s’est refermée sur ses secrets. Quatorze fois, Huguette a survécu. Aujourd’hui qu’elle est vieille, lui reviennent les mots d’un poème ancien : « Ô madame, pourquoi ce chagrin qui vous suit? » Alors, Huguette s’attelle à extraire de sa mémoire ces événements qui l’ont marquée. Exilée dans un conteneur sans fenêtre, elle se consacre toute entière à la tâche.